Burkina Faso : un imam arrêté à la veille de la Tabaski après des critiques contre la junte militaire
27 mai 2026La tension politique monte d’un cran au Burkina Faso. À quelques heures de la célébration de la Tabaski, l’arrestation du guide religieux musulman burkinabè Dr Kindo Mohamed Ishaq provoque une vive polémique dans le pays.
Selon plusieurs sources concordantes, l’imam, présenté comme vice-président du mouvement sunnite Ahakoul Sunna, branche salafiste de l’islam, a été interpellé ce mardi 26 mai 2026 en pleine journée d’Arafat à Ouagadougou.
Cette arrestation ferait suite à un prêche prononcé dimanche dernier, au cours duquel le religieux avait critiqué un projet de loi soutenu par les autorités de transition. Le texte controversé viserait à interdire l’installation de lieux de culte dans les services publics au nom de la « neutralité de l’administration ».
Des manifestations après l’arrestation de l’imam
À Ouagadougou, l’interpellation du guide religieux a rapidement suscité des réactions. Plusieurs fidèles musulmans sont descendus dans les rues pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la liberté religieuse et une dérive autoritaire du pouvoir militaire.
Les manifestants réclament la libération immédiate de Dr Kindo Mohamed Ishaq et dénoncent une multiplication des arrestations visant des voix critiques du régime.
Cette nouvelle affaire intervient dans un contexte politique déjà tendu au Burkina Faso, où la junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré fait régulièrement face à des accusations de restrictions des libertés publiques et d’intimidations contre les opposants, activistes et leaders d’opinion.
Une inquiétude grandissante au sein de la population
Dans plusieurs quartiers de la capitale burkinabè, de nombreux citoyens s’interrogent désormais sur les limites de la transition militaire. Entre impératifs sécuritaires et respect des libertés fondamentales, le débat devient de plus en plus sensible.
À l’approche de la Tabaski, cette arrestation ravive les inquiétudes autour de la liberté d’expression et de la place des autorités religieuses dans le débat public au Burkina Faso.
Yayé Barry



