Sénégal : Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale et promet un Parlement fort

Sénégal : Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale et promet un Parlement fort

26 mai 2026 Non Par Doura

Ousmane Sonko a officiellement été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés, à l’issue d’une séance plénière historique marquée par sa réintégration comme député. Cette élection intervient quelques jours seulement après son limogeage de la Primature et la démission de El Malick Ndiaye du perchoir.
Dès son installation à la tête de l’institution parlementaire, Ousmane Sonko a affiché sa volonté de redéfinir les rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Dans un discours aux accents politiques et philosophiques, le leader de Pastef a insisté sur la nécessité pour le Parlement d’exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles.
« On ne peut pas faire du PASTEF sans PASTEF », a-t-il lancé, critiquant implicitement le processus ayant conduit à la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, qu’il accuse d’avoir marginalisé son parti dans certaines décisions stratégiques.
Malgré les spéculations autour d’éventuelles tensions avec le président Bassirou Diomaye Faye, le nouveau président de l’Assemblée nationale s’est voulu rassurant. Il a affirmé sa disponibilité à accompagner l’action présidentielle dans le respect des engagements politiques initiaux.
« Si le président Bassirou m’appelle dans le sens de notre engagement, je répondrai », a déclaré Ousmane Sonko, évoquant une coopération institutionnelle basée sur une vision commune de gouvernance.
Face aux craintes de crise institutionnelle, l’ancien Premier ministre a également promis de préserver la stabilité des institutions. « Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel », a-t-il assuré, rejetant toute logique de vendetta politique au sein de l’hémicycle.
Le nouveau patron du Parlement sénégalais a néanmoins prévenu que l’Assemblée nationale ne serait pas « une chambre d’enregistrement ». Selon lui, l’institution devra désormais contrôler rigoureusement l’action gouvernementale, voter les lois et évaluer les politiques publiques conformément à ses missions constitutionnelles.
Dans une intervention marquée par des références à Aristote et à Mamadou Dia, Ousmane Sonko a expliqué que sa rupture politique avec Bassirou Diomaye Faye dépasse les rivalités personnelles et relève, selon lui, d’un désaccord profond sur l’éthique et la gouvernance de l’État.
Cette nouvelle configuration politique place désormais Ousmane Sonko au cœur du pouvoir institutionnel sénégalais en tant que deuxième personnalité de l’État, ouvrant une nouvelle séquence politique au Sénégal.

Doura