Mali : combats imminents à Kidal et blocus renforcé sur Bamako
7 mai 2026La tension monte au Mali, particulièrement dans la région de Kidal, où de nouveaux affrontements semblent imminents entre l’armée malienne, ses alliés russes de l’Africa Corps, les jihadistes du Jnim et les combattants indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Pendant ce temps, le blocus imposé autour de Bamako par les groupes jihadistes se durcit, paralysant plusieurs axes routiers stratégiques du pays.
Kidal : l’armée malienne prépare la riposte
Depuis la reprise de la ville de Kidal le 25 avril par les combattants du Jnim et du FLA, l’armée malienne tente de réorganiser son dispositif militaire dans le nord du pays. Après leur retrait du camp de Tessalit le 1er mai, les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes restent toutefois déployés dans plusieurs positions stratégiques de la région, notamment à Aguelhoc et Anefis.
Selon l’état-major malien, il s’agit d’une « réarticulation » des unités afin de préparer une reconquête des positions perdues. Des renforts logistiques, notamment en munitions et en vivres, auraient été acheminés par hélicoptère vers certaines bases militaires.
Dans le même temps, l’armée affirme avoir repris le contrôle du camp de Labezzanga, dans la région de Gao, après une offensive menée par l’État islamique au Sahel (EIS). Des frappes aériennes ont également été signalées dans les zones de Sévaré, Dioura et Ménaka.
Le Jnim intensifie le blocus autour de Bamako
À Bamako, la situation sécuritaire continue de se détériorer. Depuis le 30 avril, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) multiplie les attaques et impose un blocus sur plusieurs routes reliant la capitale malienne aux pays voisins, notamment la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire.
Mercredi, plusieurs dizaines de camions de marchandises ont été incendiés dans les localités de Gogui, Diéma, Kéniéroba et Bougouni. Des vidéos diffusées par les jihadistes montrent des véhicules en flammes et des axes routiers totalement bloqués.
Les transports publics et les véhicules particuliers sont fortement perturbés, laissant des centaines de voyageurs bloqués dans plusieurs villes, notamment à Kita et Kayes.
Des populations civiles prises au piège
Dans plusieurs villages proches des zones touchées, les habitants vivent dans la peur. À Kangaba, des témoins rapportent des tirs nourris et des explosions ayant paralysé toute activité durant plusieurs heures.
Des familles n’ont pas pu rejoindre Bamako pour assister à des funérailles, tandis que des ambulances transportant des malades sont restées immobilisées en raison de l’insécurité sur les routes.
Les écoles, les marchés et les activités agricoles ont également été perturbés dans plusieurs localités situées le long de la RN5.
Violences dans le centre du Mali
Le Jnim a aussi mené des attaques dans les régions de Mopti et Bandiagara contre des groupes de chasseurs traditionnels dozos, alliés des forces gouvernementales. Selon plusieurs sources locales, ces violences auraient fait plus d’une cinquantaine de morts.
Malgré cette dégradation sécuritaire, l’armée malienne affirme maintenir une « pression constante » sur les groupes armés terroristes, qu’elle dit « en déroute ».
La Rédaction de Guinee3.net



