Guinée : la DGE répond aux critiques du FRONDEG et du Bloc Libéral
1 mai 2026À moins d’un mois des élections législatives et communales prévues le 31 mai, la tension monte entre l’administration électorale et certains partis politiques. La directrice générale des élections, Djenabou Touré, a tenu une conférence de presse jeudi 30 avril pour répondre aux accusations formulées par le FRONDEG de Abdoulaye Yéro Baldé et le Bloc Libéral dirigé par Faya Millimouno.
Un processus électoral contesté
Le FRONDEG a officiellement annoncé son retrait du processus électoral, dénonçant un processus « opaque et partial ». Dans son courrier adressé à la Direction générale des élections (DGE), le parti évoque plusieurs irrégularités, notamment :
le rejet jugé injustifié de certaines candidatures communales,
la fixation unilatérale des cautions électorales,
des difficultés liées au paiement de ces cautions,
ainsi que des inégalités dans l’application des règles électorales.
De son côté, le Bloc Libéral menace également de se retirer, accentuant le climat de défiance autour du scrutin.
La DGE défend sa gestion du processus
Face à ces critiques, Djenabou Touré a tenu à « rétablir les faits ». Elle rappelle que la date limite de dépôt des candidatures, initialement fixée au 29 mars, a été exceptionnellement prolongée jusqu’au 3 avril à la demande de plusieurs leaders politiques, dont Faya Millimouno et Abdoulaye Yéro Baldé.
Selon elle, ces prolongations visaient à permettre une participation inclusive, malgré les contraintes logistiques rencontrées sur le terrain. Elle souligne également que certaines listes ont été déposées tardivement, parfois sans paiement préalable de la caution, pourtant exigée par la loi.
« Nous avons accordé des largesses pour favoriser les candidats, mais il n’était pas question de continuer à déroger indéfiniment à la loi », a-t-elle insisté, rejetant toute accusation de partialité.
Le rôle de la justice et les recours
La directrice de la DGE a également mis en avant le rôle des juridictions dans le règlement des contentieux électoraux. Elle affirme que plusieurs candidats ont obtenu gain de cause devant les tribunaux, preuve selon elle du bon fonctionnement des mécanismes de recours.
« Là où nous avons trébuché, la justice a rétabli les candidats », a-t-elle reconnu, tout en appelant les acteurs politiques à privilégier les voies légales plutôt que les dénonciations médiatiques.
Incertitudes autour de la participation du FRONDEG
Malgré l’annonce de retrait du FRONDEG, la situation reste confuse. Djenabou Touré révèle que certains candidats du parti souhaitent maintenir leur participation au niveau local.
La DGE envisage ainsi de saisir la Cour suprême pour trancher ce « vide juridique » concernant la validité de ces candidatures. En attendant, aucune décision définitive n’a été prise concernant leur maintien ou non sur les bulletins de vote communaux.
En revanche, le FRONDEG est d’ores et déjà exclu de la liste nationale.
Ces élections du 31 mai se dérouleront dans un contexte particulier, marqué par l’absence de plusieurs grandes formations politiques dissoutes et par une méfiance persistante d’une partie de l’opposition.
Selon les résultats de la dernière présidentielle, Abdoulaye Yéro Baldé était arrivé en deuxième position avec 6 % des voix, loin derrière le président Mamadi Doumbouya.
Malgré les tensions, la DGE se veut rassurante et affirme sa détermination à organiser des élections « transparentes et apaisées », appelant les citoyens à ne pas céder à la peur et à participer massivement au vote.
Doura



