Mali : l’AES réagit sans action concrète après les attaques coordonnées

27 avril 2026 Non Par LA RÉDACTION

L’Alliance des États du Sahel (AES) a réagi de manière mesurée aux violentes attaques survenues les 25 et 26 avril au Mali, menées conjointement par des groupes jihadistes et des rebelles touaregs. Malgré la gravité de la situation, aucune intervention militaire directe n’a été annoncée par les pays alliés.
Dans un communiqué publié le 27 avril, l’AES – qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso – a dénoncé « un complot soutenu par des ennemis », sans toutefois détailler de mesures concrètes en réponse à ces attaques.
Une solidarité mise à l’épreuve
Créée en 2023 dans le cadre de la charte du Liptako-Gourma, l’AES prévoit un principe de solidarité entre ses membres, notamment en cas d’atteinte à l’intégrité territoriale de l’un d’eux. Cette disposition semble pourtant peu appliquée dans le contexte actuel.
Les attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad, qui ont mené des opérations coordonnées sur plusieurs positions stratégiques.
Une force conjointe encore limitée
L’AES avait annoncé la mise en place d’une force unifiée de 5 000 hommes pour lutter contre le terrorisme dans la région. Basée à Niamey, cette force a déjà été déployée, mais essentiellement dans les zones frontalières.
Selon Jean-Hervé Jézéquel, spécialiste du Sahel, les combats urbains observés au Mali compliquent toute intervention extérieure, notamment l’usage de moyens aériens. De plus, le Niger et le Burkina Faso restent eux-mêmes confrontés à une forte pression sécuritaire sur leurs territoires, ce qui limite leur capacité à mobiliser des troupes.
Silence de Bamako
Du côté malien, le chef de la transition, Assimi Goïta, n’a pour l’heure fait aucune déclaration publique. Ce silence alimente les interrogations sur la stratégie adoptée par les autorités face à cette nouvelle escalade de violences.

Yayé Barry