Sénégal : Ousmane Sonko charge Donald Trump et dénonce « un homme de déstabilisation »

Sénégal : Ousmane Sonko charge Donald Trump et dénonce « un homme de déstabilisation »

9 avril 2026 Non Par Doura

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué ce jeudi 9 avril 2026 la politique internationale du président américain Donald Trump, lors d’une conférence organisée au Musée des Civilisations noires de Dakar, en présence du géopolitologue français Pascal Boniface.
Dans un discours offensif axé sur la souveraineté et la géopolitique mondiale, le chef du gouvernement sénégalais n’a pas mâché ses mots, qualifiant le président américain d’« homme de déstabilisation ».
« Est-ce que le monde est plus sûr ? Est-ce que le monde est en paix ? », s’est interrogé Ousmane Sonko avant d’ajouter que Donald Trump représente aujourd’hui un facteur de déséquilibre pour l’ordre mondial.
Ironisant sur les ambitions du locataire de la Maison-Blanche, Sonko a également lancé :
« Sans doute la raison pour laquelle il demande à tous s’il mérite le prix Nobel de la paix. »
Sonko fustige les guerres occidentales
Poursuivant son intervention, Ousmane Sonko a dénoncé les nombreuses interventions militaires occidentales qu’il considère comme des échecs historiques.
Le Premier ministre a cité notamment le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye et la Somalie, estimant qu’aucun des objectifs annoncés n’a été atteint.
« Aucune guerre n’a été gagnée parce qu’aucun des objectifs n’a été atteint. À part semer le chaos et le désordre, ces interventions n’ont rien produit », a-t-il déclaré.
Selon lui, la politique de « démocratie imposée » défendue par certaines puissances occidentales a davantage fragilisé plusieurs nations qu’elle ne les a aidées.
Une Afrique souveraine face au monde multipolaire
Ousmane Sonko a également évoqué les mutations profondes de l’économie mondiale, annonçant une perte progressive de l’influence occidentale face à la montée de nouvelles puissances comme la Chine.
Il a plaidé pour une Afrique forte, consciente de ses valeurs et capable de bâtir des relations équilibrées avec les autres puissances mondiales.
« Lorsqu’un peuple croit en lui-même, croit à ses capacités, ce peuple peut résister à tout », a affirmé le chef du gouvernement sénégalais.
Une nouvelle vision diplomatique assumée
Pour conclure, Ousmane Sonko a défendu une diplomatie basée sur le respect mutuel et le partenariat équilibré, loin de toute soumission aux grandes puissances.
Cette sortie du Premier ministre marque une nouvelle fois la volonté du Sénégal d’affirmer une ligne diplomatique plus souveraine et indépendante dans un contexte international en pleine recomposition.

Yayé Barry