Niger : le CNSP déploie les « Domol Leydi », milices locales d’autodéfense

Niger : le CNSP déploie les « Domol Leydi », milices locales d’autodéfense

30 mars 2026 Non Par LA RÉDACTION

Dans un contexte de crise sécuritaire persistante, le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de défense territoriale. Les autorités, dirigées par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), ont officialisé la création d’unités locales d’autodéfense baptisées « Domol Leydi ».
Adoptée en Conseil des ministres sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la mobilisation générale décrétée en décembre 2025. Elle vise à impliquer davantage les populations locales dans la lutte contre l’insécurité.
Des unités communautaires au service des FDS
Les « Domol Leydi », qui signifient « gardiens de la terre » en fulfuldé, seront constitués de volontaires issus des communautés. Leur mission principale sera d’appuyer les Forces de défense et de sécurité (FDS) à travers des actions de vigilance, de renseignement et d’autodéfense au niveau local.
Ces unités viennent ainsi renforcer l’ancrage territorial du dispositif sécuritaire nigérien, en facilitant une réponse de proximité face aux menaces.
Une mesure encadrée par la mobilisation générale
La mise en place des « Domol Leydi » repose sur l’ordonnance relative à la mobilisation générale adoptée en décembre 2025. Ce cadre juridique précise les responsabilités des citoyens et des institutions dans l’effort de défense nationale.
Le texte prévoit notamment :
la réquisition de personnes et de moyens pour la défense du territoire ;
l’obligation pour  répondre aux appels sous les drapeaux ;
le respect strict des consignes de sécurité, y compris dans l’usage des technologies de communication.
Les populations sont également appelées à collaborer activement avec les autorités en signalant toute activité suspecte pouvant menacer la sécurité nationale.
Une réponse à la menace jihadiste
Cette nouvelle stratégie intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques jihadistes dans plusieurs régions du Niger, notamment Diffa, Tillabéri et Tahoua.
En institutionnalisant ces groupes d’autodéfense, le CNSP entend structurer et encadrer la participation des civils à la sécurité du territoire, tout en leur fournissant équipements et encadrement via la réserve militaire.
Une tendance régionale au Sahel
Le modèle des « Domol Leydi » s’inscrit dans une dynamique plus large observée au Sahel. Des initiatives similaires existent déjà, comme les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) au Burkina Faso ou les groupes Dozo au Mali.
Si cette approche favorise une meilleure réactivité face aux menaces, elle soulève également des préoccupations liées aux risques de dérives, notamment en matière de tensions communautaires et de contrôle des groupes armés locaux.

Avec APA