Mali : grève des chauffeurs routiers après l’attaque meurtrière d’un convoi de carburant

Mali : grève des chauffeurs routiers après l’attaque meurtrière d’un convoi de carburant

11 février 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) a déclenché une grève sur l’axe Bamako–frontière sénégalaise pour protester contre l’attaque jihadiste d’un convoi de carburant survenue fin janvier dans l’ouest du Mali. Le bilan fait état d’au moins 15 chauffeurs tués, dans ce qui apparaît comme une nouvelle escalade de l’insécurité.
Grève sur l’axe Bamako–Kayes jusqu’au rapatriement des corps
Réunis en assemblée générale à Bamako, les membres du Synacor ont décidé de suspendre toutes les activités de transport, de déchargement et les services connexes sur le corridor stratégique reliant la capitale malienne à Kayes et à la frontière avec le Sénégal.
Dans un communiqué, le syndicat exige le rapatriement des corps des chauffeurs tués lors de l’embuscade entre Diboli et Kayes. La reprise du travail reste conditionnée à une solution rapide des autorités maliennes.
Cette grève des chauffeurs routiers au Mali impacte directement l’approvisionnement en carburant et le transport de marchandises sur un axe vital pour l’économie nationale.
Une attaque jihadiste d’une rare violence
Le 29 janvier, un convoi transportant du carburant a été pris pour cible dans l’ouest du Mali. Selon des sources sécuritaires, les assaillants auraient exécuté les chauffeurs à bout portant après les avoir immobilisés.
Le bilan officiel évoque au moins 15 morts, tandis que certains témoignages parlent de 18 victimes. Plusieurs camions-citernes ont également été incendiés.
Il s’agirait de la première fois que des chauffeurs sont systématiquement ciblés et exécutés lors d’une attaque contre un convoi logistique.
Le JNIM accusé d’intensifier les attaques
L’attaque est attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Depuis plusieurs mois, le JNIM multiplie les attaques contre les convois de carburant au Mali, imposant un blocus sur certaines localités et accentuant la pression sur l’économie.
En novembre dernier, le groupe jihadiste avait déclaré que les chauffeurs de camions-citernes seraient désormais considérés comme des cibles militaires, marquant un tournant inquiétant dans la stratégie des groupes armés.
Un corridor stratégique paralysé
L’axe Bamako–Kayes–frontière sénégalaise constitue un corridor essentiel pour le commerce sous-régional. La suspension des activités de transport pourrait provoquer :
Des pénuries de carburant
Une hausse des prix des marchandises
Des tensions sociales accrues
Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, cette attaque jihadiste au Mali et la grève qui s’en est suivie risquent d’aggraver la situation économique et humanitaire du pays.

Doura