Gambie : début des versements de réparations aux victimes des violations des droits de l’homme
12 janvier 2026 Non Par LA RÉDACTIONBanjul, 12 janvier 2026 – La Commission gambienne des réparations a annoncé ce lundi le lancement officiel des paiements aux victimes de violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et janvier 2017, sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh. Cette étape marque une avancée majeure dans le processus de justice transitionnelle du pays.
Les versements de réparations se feront par phases, et la Commission appelle la communauté et les organisations de la société civile à soutenir les victimes, notamment celles vivant dans des zones reculées ou à mobilité réduite. L’institution réaffirme son engagement à garantir des réparations transparentes, centrées sur les victimes et transformantes.
Depuis sa création en 2017, la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) a mené des enquêtes approfondies sur les violations des droits humains, recueilli des témoignages de victimes et de témoins, et formulé des recommandations sur les mesures de réparation, la réconciliation nationale et la justice transitionnelle.
Lors de la remise du rapport final de la TRRC au président Adama Barrow en novembre 2021, Michèle Eken, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, avait souligné que ce rapport devait « ouvrir la voie à un engagement sans équivoque des autorités gambiennes pour assurer justice et réparations aux victimes ». Elle rappelait que pendant plus de 20 ans, des Gambiennes et des Gambiens avaient été torturés, exécutés sommairement ou détenus arbitrairement, dans un climat de disparitions forcées, violences sexuelles et atteintes à la liberté d’expression.
La TRRC, mise en place en décembre 2017 et entrée en fonction en janvier 2019, avait pour mandat de dresser un bilan historique impartial des violations commises entre 1994 et 2017, de promouvoir la réconciliation, de répondre aux besoins des victimes et de prévenir la répétition de tels abus. Elle devait également établir le sort des disparus et proposer des mécanismes de réparation et de prévention adaptés.
Cette étape de versement marque ainsi une avancée concrète dans la reconnaissance et la réparation des souffrances subies par les victimes, tout en consolidant le chemin de la justice et de la réconciliation en Gambie.
Avec APA



