Mort d’Albert Bourgi, l’ami qui avait mis en garde Alpha Condé contre un troisième mandat
7 janvier 2026 Non Par LA RÉDACTIONAlbert Bourgi, professeur émérite de droit public, intellectuel engagé et figure respectée du socialisme en Afrique, est décédé ce mercredi 7 janvier en France, à l’âge de 83 ans. Proche de nombreuses grandes figures politiques africaines, il était connu pour son franc-parler, sa fidélité en amitié et son exigence morale, y compris envers ceux qu’il soutenait.
Juriste reconnu et enseignant engagé à gauche, Albert Bourgi a accompagné plusieurs leaders africains lorsqu’ils étaient encore militants d’opposition. « Albert les a connus quand ils étaient des militants d’opposition », rappelle son ami de plus de quarante ans, Francis Kpatindé, professeur à Sciences Po. Une fois certains arrivés au pouvoir, il a continué à les conseiller, participant notamment à l’élaboration de Constitutions africaines dans lesquelles, selon Kpatindé, « il tentait d’introduire une dimension sociale, une pensée pour les damnés de la terre ».
Mais Albert Bourgi n’était pas un soutien aveugle. Fidèle à ses convictions, il se sentait tenu de dire la vérité, même lorsqu’elle dérangeait. Ainsi, en 2020, il déconseille ouvertement au président guinéen Alpha Condé de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Une mise en garde formulée sans brutalité, mais avec fermeté. « C’était l’homme qui les soutenait dans la difficulté mais à qui il se devait de dire la vérité », souligne Francis Kpatindé.
Quelques mois après cette prise de position, Alpha Condé sera renversé par un coup d’État, un épisode qui donnera un écho particulier aux avertissements de l’intellectuel disparu.
Avec la mort d’Albert Bourgi, l’Afrique et le monde universitaire perdent un juriste engagé, un conseiller lucide et un ami loyal, convaincu que le pouvoir ne devait jamais se détacher des exigences sociales, démocratiques et humaines.
Guinee3.net et RFI
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