Mali : reprise des attaques du Jnim, carburant disponible mais en quantité limitée
11 décembre 2025 Non Par LA RÉDACTION
Au Mali, la situation sécuritaire s’est de nouveau tendue ces derniers jours. Après une brève accalmie, des attaques jihadistes et des opérations de l’armée malienne ont été rapportées mercredi 10 décembre, signe d’une recrudescence des hostilités. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, avait imposé début septembre un embargo sur les importations de carburant, plongeant le pays dans une pénurie sans précédent. La circulation des convois, redevenue possible grâce au renforcement des escortes militaires, avait temporairement amélioré l’approvisionnement. Mais la reprise des attaques ravive les inquiétudes.
Trois attaques du Jnim en 24 heures
Selon plusieurs sources contactées par RFI, les jihadistes ont mené trois opérations ciblées mercredi :
- Près de Bamako, entre Koulikoro et Ouélessébougou, des camions-citernes ont été pris pour cible. Un chauffeur a perdu la vie et quatre citernes ont été incendiées.
- Dans la région de Ségou, entre Dogofri et Diabali, un véhicule militaire a été attaqué. Aucun bilan précis n’a été communiqué.
- À Nioro du Sahel, dans la soirée, l’Institut de formation des maîtres (IFM) a été visé, faisant un mort et un blessé.
L’armée malienne n’a, pour l’heure, réagi à aucune de ces trois attaques malgré les sollicitations.
Ripostes militaires dans la région de Nioro
En revanche, l’état-major a revendiqué des frappes aériennes menées la veille, mardi, à Sébabougou. Selon le communiqué publié mercredi soir, l’opération a permis de neutraliser :
- un pick-up camouflé contenant des fûts d’essence ;
- une base terroriste abritant du carburant, des véhicules et plusieurs combattants dissimulés dans une zone forestière.
Ces frappes confirment la fin de la trêve observée pendant quelques semaines sur l’axe des camions-citernes. Samedi 6 décembre, une attaque près de Bougouni avait déjà détruit plusieurs dizaines de citernes et causé des pertes militaires. Une partie du convoi avait tout de même pu atteindre Bamako.
Carburant : un approvisionnement fragile et très limité
Malgré les menaces renouvelées du Jnim contre les opérateurs économiques engagés dans les convois militaires, l’approvisionnement en carburant est actuellement assuré, mais reste extrêmement limité et irrégulier.
À Bamako, les témoignages décrivent :
- de nombreuses stations fermées,
- des files d’une à deux heures dans les stations encore approvisionnées,
- une pénurie persistante de gasoil, devenu très rare en ville.
L’essence est disponible, mais en quantité réduite. Les habitants redoutent un retour rapide à la crise massive observée il y a quelques semaines.
Des pénuries variables selon les régions
La situation diffère selon les localités :
- À Ségou, le gasoil est plus accessible, mais l’essence manque sérieusement.
- À Mopti, la disponibilité reste faible, bien que la région retrouve progressivement de l’électricité après deux mois de coupures prolongées.
- À Sikasso, les files d’attente demeurent longues, même si les arrivages sont plus réguliers que ces dernières semaines.
- À Koutiala, sept citernes ont été réceptionnées mercredi, améliorant légèrement la situation pour le gasoil. L’essence, en revanche, reste très insuffisante.
- À Koulikoro, les réserves d’essence sont presque épuisées.
Partout dans le pays, les populations interrogées expriment leur inquiétude face à la détérioration progressive de l’approvisionnement.
Avec RFI



