Guinée : La HAC suspend la chaîne Kaback TV pour trois mois
10 décembre 2025
La Haute Autorité de la Communication (HAC), organe de régulation des médias en République de Guinée, a annoncé ce mercredi 10 décembre 2025 la suspension de la chaîne privée Kaback TV pour une durée de trois mois. La décision fait suite à des manquements jugés graves aux règles éthiques et professionnelles de la presse audiovisuelle selon l’institution . La sanction découle du rapport de monitoring de l’émission « TELERO », diffusée en direct le 10 décembre 2025 sur Kaback TV.
La HAC reproche aux animateurs d’avoir affiché et relayé à l’antenne :
- des propos indécents,
- des injures vulgaires,
- des contenus diffamatoires,
- ainsi que des images jugées dégradantes.
Ces propos, initialement extraits des réseaux sociaux lors d’un débat portant sur la culture guinéenne, ont été considérés comme constituant un outrage à la pudeur et aux bonnes mœurs, en plus d’une atteinte à la dignité de deux artistes guinéennes de grande renommée.
La HAC fonde sa décision sur plusieurs textes légaux, notamment :
- La loi organique L/2010/002/CNT portant Liberté de la presse ;
- La loi organique L/2020/0010/AN régissant la Haute Autorité de la Communication ;
- Les articles 5, 52 et 107 de ces textes, qui encadrent le respect de l’éthique, de la dignité humaine et des bonnes mœurs dans les médias.
Pour l’institution, la diffusion en direct de tels propos constitue une violation grave des règles d’éthique journalistique et des principes fondamentaux du service de communication audiovisuelle.
Réunis en séance plénière extraordinaire par visioconférence le 10 décembre 2025, les membres de la HAC ont unanimement approuvé la suspension.
La mesure prend effet immédiatement et s’étendra sur trois mois, période durant laquelle Kaback TV devra cesser toute diffusion.
Cette sanction intervient dans un contexte où la HAC intensifie son contrôle des contenus diffusés à la télévision et en ligne, face à l’augmentation des émissions interactives reprenant des propos tirés des réseaux sociaux sans filtrage ni vérification préalable.
L’institution rappelle que les médias doivent préserver la dignité humaine, respecter les lois en vigueur et éviter toute diffusion de propos à caractère offensant ou portant atteinte aux personnalités publiques ou privées.
Yayé Barry



