Guinée : le ministre Yaya Khairaba Kaba suspend un magistrat pour prise de position publique

Guinée : le ministre Yaya Khairaba Kaba suspend un magistrat pour prise de position publique

13 novembre 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Conakry, le 13 novembre 2025 — Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Khairaba Kaba, a pris un arrêté suspendant de ses fonctions M. Kaman Gogana Konomou, juge d’instruction au Tribunal pour enfants de Kindia.

Selon l’arrêté A/2025/1096/MJDH/SG/CAB/SGG, la décision est motivée par un manquement au devoir de réserve, à l’éthique et à la déontologie qui régissent la profession de magistrat. Le document évoque également la tenue de propos à caractère politique sur les réseaux sociaux, jugés de nature à troubler le bon fonctionnement de la justice.

L’arrêté précise que cette suspension sera suivie d’une saisine du Conseil supérieur de la magistrature, aux fins d’action disciplinaire conformément au statut des magistrats.

Les propos à l’origine de la suspension

Le magistrat suspendu aurait publié sur les réseaux sociaux un message perçu comme une prise de position publique sur le fonctionnement de la justice en Guinée. Dans ce texte, M. Konomou écrivait :

« L’arme la plus puissante d’un État, c’est la justice et l’application de la loi. La loi prévient, elle éduque, elle protège, elle sanctionne ; mais la justice élève le pays au rang des nations les plus civilisées. Il faut donc plus craindre la loi que les hommes. »

Et d’ajouter :

« Il faut rêver d’une Guinée où les relations ne primeront pas sur la loi ; d’une Guinée où un simple coup de téléphone ne pourra substituer une peine de contravention ; d’une Guinée où la loi sera l’unique feu rouge du peuple. Nous pouvons y croire, nous pouvons en espérer, nous pouvons vivre une telle Guinée. Vive une Guinée de justice et de légalité ! »

Une décision qui relance le débat sur la liberté d’expression des magistrats

La suspension de M. Konomou intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Si le ministère invoque la violation du devoir de réserve, certains observateurs y voient une sanction disproportionnée face à des propos perçus comme un appel à la rigueur et à la justice.

Le Conseil supérieur de la magistrature devra désormais se prononcer sur d’éventuelles sanctions disciplinaires à l’encontre du magistrat.

Doura