Sommet arabo-islamique au Qatar: l’Égypte propose la création d’un «Otan arabe»
15 septembre 2025
Le Qatar organise, ce lundi 15 septembre, un sommet arabo-islamique d’urgence en réaction aux frappes israéliennes sur son sol, mardi dernier, initiative à travers laquelle Doha entend monter l’unité du monde musulman face à l’État hébreu. Alors que cinquante-sept pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et de la Ligue arabe y participent, l’Égypte met sur la table la création d’un «Otan arabe».

Le sommet arabo-islamique d’urgence organisé ce lundi 15 septembre au Qatar pourrait-il déboucher sur une sorte d’«Otan arabe» ? C’est en tout cas ce que propose l’Égypte, sous la forme d’une union des forces des 22 pays de la Ligue arabe dans une alliance militaire avec des moyens mutualisés, une gouvernance tournante, un civil au secrétariat général, et des consultations entre États-membres pour faire usage de la force.
Ce n’est pas la première fois que cette idée d’alliance militaire sur le modèle de l’Otan est mise sur la table. Elle avait déjà fait l’objet d’un accord de principe il y a dix ans, dans un contexte de guerre civile au Yémen. La proposition refait donc surface ce lundi à Doha, cette fois en réponse aux frappes israéliennes au Qatar mardi dernier.
Appel à revoir les liens avec Israël
Alors que toute riposte militaire directe à cette attaque semble hors de question, celle-ci ne devrait avoir que des conséquences diplomatiques qui sont d’ailleurs déjà visibles. Tandis qu’elle provoque un éloignement de l’Égypte d’Israël, le président iranien, lui, appelle les pays musulmans à rompre avec l’État hébreu.
Les dirigeants arabes et musulmans ont appelé à « revoir » les liens avec Israël, selon le projet de communiqué. Ce sommet exhorte « tous les États (…) à revoir les relations diplomatiques et économiques avec Israël et à engager des poursuites à son encontre ».
La résolution prise au Qatar devrait aussi condamner « les actes hostiles d’Israël, dont le génocide, le nettoyage ethnique, la famine, le siège et la colonisation » qui menacent, selon une première version du texte, « la paix dans la région » et « les processus de normalisation ».
« Celui qui œuvre avec persistance et méthodologie à assassiner la partie avec laquelle il négocie, entend faire échouer les négociations (…) les négociations, pour lui, ne sont qu’une partie de la guerre », a déclaré Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, dans son discours d’ouverture. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu « rêve que la région arabe devienne une sphère d’influence israélienne. Et c’est une dangereuse illusion », a-t-il poursuivi devant les leaders arabes et musulmans réunis à Doha.
Rfi



