Gabon : des citoyens partagés face à l’interdiction des petits métiers aux étrangers

Gabon : des citoyens partagés face à l’interdiction des petits métiers aux étrangers

14 août 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Après l’annonce faite au Conseil des ministres, mardi 12 août, le gouvernement du Gabon a décidé d’interdire aux étrangers l’exercice de certains petits métiers. Cette mesure vise à lutter contre le chômage et à permettre aux Gabonais de prendre progressivement le contrôle de la petite économie locale.

Désormais, les étrangers vivant au Gabon ne peuvent plus exercer les activités suivantes :

  • Commerce de proximité
  • Envoi et réparation de téléphones et petits appareils
  • Coiffure et soins esthétiques de rue
  • Orpaillage artisanal
  • Achat de récoltes
  • Exploitation de petits ateliers ou de machines de jeux

Cette décision a suscité des réactions mitigées au sein de la population.

Les jeunes diplômés réclament leur place

Devant le palais de l’Assemblée nationale, une centaine de jeunes diplômés ont organisé un sit-in pour réclamer leur intégration dans la fonction publique. Selon Humber Essono Messa, porte-parole du mouvement de lutte contre le chômage :

« Il y a dans ce pays des personnes qui ont des masters, des licences ou des BTS. Ils méritent qu’on les traite à leur juste valeur. Ce n’est pas pour dire que les petits métiers sont des sous-métiers, non ! »

La réalité des métiers de proximité

Pour certains Gabonais, l’accès à ces métiers reste un défi. Murielle Engonga, vendeuse de tickets de courses de chevaux, affirme être prête à tout pour trouver du travail :

« Même prête à aller prendre le charbon pour un travail. »

Johnson, 20 ans, vendeur à la criée dans le plus grand marché de Libreville, a un avis plus nuancé :

« Si on arrive à nationaliser le commerce, ça pourrait aller pour les Gabonais. Mais beaucoup manquent de motivation ou de financement pour lancer une activité. »

En somme, si la mesure gouvernementale vise à favoriser l’emploi local, elle révèle aussi des limitations structurelles : manque de financement, faible intérêt pour certains métiers et attentes des jeunes diplômés qui aspirent à des emplois mieux valorisés.