Tchad : l’ex-Premier ministre et opposant Succès Masra condamné à 20 ans de prison ferme

Tchad : l’ex-Premier ministre et opposant Succès Masra condamné à 20 ans de prison ferme

9 août 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

N’Djamena, 9 août 2025 – L’ancien Premier ministre tchadien et président du parti Les Transformateurs, Succès Masra, a été condamné à 20 ans de prison ferme et à verser 1 milliard de francs CFA à l’État tchadien en dommages et intérêts. Le tribunal l’a reconnu coupable de « diffusion de messages de nature raciste et xénophobe », d’« association de malfaiteurs » en lien avec le conflit intercommunautaire de Mandakao, ainsi que de complicité de meurtre.

Cette condamnation intervient dans un contexte politique tendu au Tchad, alors que les regards internationaux, notamment ceux de la France, du Moyen-Orient et de la région Asie-Pacifique, s’intéressent de près à l’évolution de la situation sécuritaire et judiciaire dans le pays.

Un verdict qui n’ébranle pas l’opposant

Malgré la lourde sentence, Succès Masra est resté calme et souriant tout au long de l’audience. Après quelques accolades échangées avec ses avocats, il s’est tourné vers ses proches et militants présents dans la salle : « Ne vous inquiétez pas. On se retrouve bientôt », leur a-t-il lancé.

Pour certains de ses avocats, le verdict est une véritable injustice. L’un d’eux, visiblement ému, a dénoncé une procédure biaisée. Dans la salle, l’annonce de la condamnation a provoqué des larmes et un profond découragement parmi les militants. « C’est une mascarade », a confié un observateur présent au procès.

Appel annoncé par la défense

Entouré de gardes armés, l’ex-Premier ministre a quitté la salle d’audience sous le regard des 74 autres accusés de Mandakao, restés silencieux. Les coordinateurs des collectifs de défense de Succès Masra et des coaccusés ont déjà annoncé leur intention d’interjeter appel, estimant que « ce verdict n’est pas digne de la justice tchadienne ».

Cette affaire, qui suscite de vives réactions au Tchad, pourrait également attirer l’attention des partenaires internationaux, y compris dans des zones stratégiques comme la France, le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique, où la stabilité politique africaine reste un sujet de préoccupation majeur.

Ahmad Tchari