Guinée : après le limogeage de deux ministres, Mamadi Doumbouya affiche sa fermeté contre la corruption

Guinée : après le limogeage de deux ministres, Mamadi Doumbouya affiche sa fermeté contre la corruption

22 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

— Le président Mamadi Doumbouya veut donner un signal fort dans sa lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques. Au lendemain du limogeage de Mory Condé et Mourana Soumah, le chef de l’État a publié un message sur sa page Facebook dans lequel il réaffirme sa détermination à sanctionner les responsables qui manqueraient à leurs obligations.
Le vendredi 21 août 2026, deux membres du gouvernement ont été relevés de leurs fonctions par décret présidentiel. Mory Condé a quitté le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, tandis que Mourana Soumah a été limogé de la tête du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Un conseiller à la présidence, Mahamadou Abdoulaye Diallo, a également été démis de ses fonctions.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas »
Les décrets annonçant ces départs ne précisaient pas les motifs des limogeages. Quelques heures plus tard, Mamadi Doumbouya a toutefois livré un message qui apporte un éclairage politique sur sa décision.
Le président guinéen affirme notamment : « Contre la corruption, ma main ne tremblera pas », avant de prévenir qu’aucun rang, aucune fonction et aucune proximité ne doivent mettre un responsable public à l’abri de la rigueur de l’État.
Cette déclaration intervient donc dans un contexte particulièrement significatif. Sans attribuer publiquement aux deux anciens ministres des faits précis de corruption, le chef de l’État inscrit leurs évictions dans un discours plus large consacré à l’exemplarité des responsables publics.
Un avertissement à l’ensemble des responsables publics
À travers cette sortie, Mamadi Doumbouya semble vouloir adresser un avertissement à l’ensemble de l’administration : les fonctions occupées au sommet de l’État ne constitueraient pas une protection contre d’éventuelles sanctions.
Le chef de l’État présente également la lutte contre la corruption comme l’un des axes de la « Refondation ». Selon son message, celle-ci ne doit pas rester un slogan, mais doit se traduire par une discipline imposée d’abord aux responsables qui incarnent l’État.
Cette orientation rejoint d’ailleurs les priorités affichées par le gouvernement, qui place officiellement la lutte contre la corruption, la transparence dans l’administration et la refondation de l’État parmi ses principaux engagements.
Des limogeages qui relancent les interrogations
Le départ simultané de Mory Condé et Mourana Soumah intervient alors que les deux responsables avaient encore été maintenus dans leurs fonctions lors de la formation du gouvernement en juillet. Mourana Soumah avait notamment été reconduit à la tête du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation le 27 juillet.
Le contraste entre cette reconduction et leur limogeage quelques semaines plus tard donne une portée particulière au message présidentiel.
Pour l’heure, aucune accusation précise n’a été officiellement détaillée à l’encontre des deux anciens ministres dans les décrets de limogeage. Le message de Mamadi Doumbouya permet toutefois de comprendre que la question de la gestion publique et de l’exemplarité figure au cœur de la communication présidentielle autour de ces changements.
Avec cette prise de parole, le président guinéen entend ainsi réaffirmer que la lutte contre la corruption ne s’arrête pas aux portes du gouvernement et que les responsables publics doivent, selon lui, répondre aux exigences de la rigueur républicaine.

Yayé Barry