François Soudan imagine une possible réconciliation entre Alpha Condé et le Général Mamadi Doumbouya
21 octobre 2025
Le directeur de la rédaction de Jeune Afrique, François Soudan, proche d’Alpha Condé, estime qu’une réconciliation entre l’ancien président guinéen et le chef de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, n’est pas à exclure. Une hypothèse qu’il développe dans une interview accordée à RFI.
Une relation marquée par la confiance… puis la rupture
Pour François Soudan, l’histoire politique récente de la Guinée est traversée par un lien complexe entre Alpha Condé, président renversé le 5 septembre 2021, et Mamadi Doumbouya, l’homme qui a conduit le coup d’État militaire ce jour-là.
« Il y a évidemment un côté très personnel dans cette affaire », explique-t-il.
Le journaliste rappelle que le Général Doumbouya avait été recommandé à Alpha Condé en 2012 par l’actuel ministre de la Défense, avant d’être promu à la tête du Bataillon des forces spéciales (BFS).
« Il va de soi qu’il n’aurait jamais pu être nommé à ce poste sans l’accord de Condé », souligne François Soudan.
Jusqu’à la veille du putsch, l’ancien président guinéen continuait à lui accorder toute sa confiance.
« Alpha Condé a vécu le 5 septembre comme une trahison personnelle », poursuit Soudan.
Un exil qui n’est peut-être pas définitif
Depuis sa chute, Alpha Condé vit entre la Guinée et l’étranger, souvent perçu comme un homme blessé par la manière dont son règne s’est terminé. Mais François Soudan refuse d’y voir une rupture irréversible.
« S’agit-il d’une cassure définitive, au point qu’Alpha Condé finisse ses jours en exil ? Je ne le crois pas », estime-t-il.
Selon lui, une main tendue du Général Doumbouya pourrait rouvrir la voie à une réconciliation historique, à condition qu’elle soit marquée par le respect dû à l’aîné.
« Si Mamadi Doumbouya, au lendemain du 28 décembre 2025 — car tout indique qu’il sera candidat face à des concurrents qu’il se sera choisis lui-même — tend la main dans un geste de réhabilitation et de respect, Alpha Condé pourrait y être sensible », analyse Soudan, tout en précisant que cette réflexion « n’engage que lui ».
Entre réalisme politique et symbole national
Cette hypothèse d’une réconciliation, même hypothétique, suscite déjà des commentaires dans les milieux politiques guinéens. Elle s’inscrirait dans une tradition africaine où le pardon et la sagesse des anciens servent de levier pour apaiser les tensions nationales.
Reste à savoir si le Général Doumbouya, désormais en pleine préparation de l’échéance présidentielle de 2025, jugera politiquement opportun d’ouvrir ce chapitre symbolique.
Doura



